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Aurélien Sauvageot

Souvenirs de ma vie hongroise

TABLE DES MATIÈRES, POSTFACE


Table des Matières


Préface (Jean-Robert Armogathe)

Avant-propos
Prologue
Un voyageur sans bagage
L'accueil
Un royaume des revenants
Un mariage de raison
Au corps à corps avec la langue hongroise
Dans l'antichambre de la littérature hongroise
La hantise du passé
Acclimatation
Pèlerinage viennois
Du côté des officiels
Petit à petit, l'oiseau fait son nid
Les visites préparées
Propos autour d'une table
Du côté des Français
La diplomatie française et la Hongrie
La falsification des francs
En prospection
Une première traduction
En mal de thèse
Excursion chez les aristocrates
En remontant dans le temps
Intermède littéraire
Excursion dans la campagne
Le poids de la terre
Les nouveaux venus
Un homme de l'Est
Nouvel épisode de la bataille du hongrois
Une entreprise téméraire
Dîner chez un mécène
Gens et rencontres
Les images hongroises de la France
Éclectisme
La Légation de France
Propagande
Les parentés choisies
Lueurs à l'horizon
Autour d'une chaire de hongrois
Méditation
Le bagage du retour
A la Gare de l'Est
En visite
Conclusion

Allocution de bienvenue (Jenő Kiss, 20 avril 1964)
Postface (László Horváth et François Laquièze)



Postface

En 1931, alors qu'Aurélien Sauvageot fait ses adieux à la Hongrie, Zoltán Gombocz le désigne comme "la sentinelle avancée" de la culture hongroise. Il y a un demi-siècle aujourd'hui, Aurélien Sauvageot revenait en Hongrie à l'Université ELTE et au Collège Eötvös József pour y être reçu doctor honoris causa. Toute sa vie, il est resté fidèle à la mission culturelle qu'il avait déjà fait sienne à Budapest, dans la deuxième moitié des années 20, malgré des circonstances diplomatiques peu favorables.

C'était lui qui insistait sans relâche sur la nécessité de la création d'un institut culturel dans la capitale hongroise, destiné à promouvoir les relations franco-hongroises. Il créa ainsi, du moins en idée, l'Institut Français de Budapest. Exemple rare et d'autant plus cher à nos yeux, il s'efforce, tout en étant étranger, de comprendre ce qui fait l'originalité culturelle hongroise. L'enthousiasme sincère qui l'emporte sur des reproches légitimes et le témoignage de reconnaissance de Sauvageot nous font battre le coeur en lisant ses Souvenirs.

Le Collège n'a jamais oublié son illustre lecteur : les mots de bienvenue prononcés lors de son retour en 1964 et reproduits dans ce volume avec la photo prise à cette même occasion en sont la preuve. En 2011, l'anniversaire de la mort de ce linguiste et éminent chercheur de la poésie d'Ady a été commémoré par le Collège dans le cadre d'une journée d'étude scientifique. Une plaque commémorative a ensuite été posée au Collège. Son Excellence M. René Roudaut, ambassadeur de France en Hongrie ainsi que M. François Laquièze, directeur de l'Institut Français de Budapest ont bien voulu participer à ces festivités mais aussi contribuer au volume Notre sentinelle avancée (Collège Eötvös József ELTE, 2012).

La réédition des Souvenirs d'Aurélien Sauvageot réalisée dans le cadre d'un projet commun du Collège Eötvös et de l'Institut Français a une valeur symbolique à plusieurs titres: tout d'abord, elle est significative de l'engagement des membres du Collège vis-à-vis de la culture française - une douzaine d'étudiants et de professeurs ont travaillé sur la préparation scientifique de cette réédition. Elle est également représentative d'une activité de recherche et d'enseignement toujours prête à explorer de nouveaux chemins - un environnement sémantique d'assistance à l'édition a été développé par nos collègues informaticiens - mais aussi du lien particulier qui nous unit à l'École Normale Supérieure à travers la préface écrite par le père Armogathe. Enfin et tout particulièrement, elle symbolise la coopération constante et la profonde communauté intellectuelle entre l'Institut Français et le Collège.

Je souhaite vivement que la présente édition rappelle à nos compatriotes qu'il y a eu et qu'il y a même aujourd'hui aussi bien des Français que des Hongrois qui se tournent les uns vers les autres à coeur ouvert et s'adressent des paroles de respect et d'estime mutuels. J'espère en même temps voir le nombre des personnes qui adopteront cette mentalité augmenter, tout particulièrement grâce au "Sóvágó".

László Horváth
directeur
Collège Eötvös József ELTE

***

L'initiative du Collegium Eötvös de republier Les Souvenirs de ma vie hongroise d'Aurélien Sauvageot est une preuve de la reconnaissance émouvante que manifestent les Hongrois à l'égard du linguiste français. Alors que beaucoup d'artistes et d'intellectuels de ce pays ressentent un attrait et un intérêt profond pour la culture française, ils ont dans le même temps l'impression que l'attitude des Français vis-à- vis de la Hongrie est souvent marquée par l'ignorance, l'indifférence, voire une certaine méfiance. Il faut reconnaitre honnêtement que cette impression n'est pas complètement infondée, hormis de rares périodes historiques privilégiées (1848, 1956). Ou quelques personnalités d'exception, au premier rang desquelles figure Aurélien Sauvageot. De fait, Sauvageot n'a pas été seulement un grand linguiste, spécialiste des langues finno-ougriennes. Il a su utiliser sa maîtrise en profondeur de la langue hongroise pour explorer la littérature, la culture, l'histoire, voire la sociologie d'un pays très mal connu en France. En plus de l'acuité de ses observations, il a su aussi trouver un juste équilibre entre l'empathie, voire l'enthousiasme avec son objet d'étude, le "monde hongrois", et la distance critique qui lui interdit de tomber dans la complaisance. Aujourd'hui encore, ses "Souvenirs de ma vie hongroise" restent une excellente introduction à la Hongrie pour le lecteur francophone. C'est pourquoi l'Institut Français de Budapest a été heureux de s'associer au projet du Collegium Eötvös de rééditer cet ouvrage dont l'édition originale publiée par Corvina à Budapest en 1988 était devenue introuvable. Cette publication a également le mérite de rappeler le lien qui unit le Collegium Eötvös avec l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, puisque c'est dans le cadre des échanges entre ces deux institutions que Sauvageot est venu pour la première fois en Hongrie. Grâce à l'engagement personnel de M. László Horváth, directeur du Collegium et de ses collaborateurs, la coopération entre cet établissement et l'École Normale supérieure a bénéficié ces dernières années d'un nouvel élan auquel l'Institut Français de Budapest a bien volontiers apporté son concours. Enfin, je voudrais remercier ici tous ceux qui se sont mobilisés pour rendre possible la republication de ce livre : en premier lieu László Horváth mais aussi Brigitta Vargyas, Emese Egedi- Kovács, Arnaud Prêtre et Jean-Robert Armogathe. Grâce à eux, un texte important dans l'histoire des relations entre la France et la Hongrie est de nouveau disponible pour les lecteurs hongrois et français.

François Laquièze
Conseiller de coopération et d'action culturelle
de l'Ambassade de France en Hongrie
Directeur de l'Institut Français de Budapest


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