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Olay Ferenc

Les frontières de la Hongrie démembrée

INTRODUCTION


Le traité de Trianon, dicté il y a dix ans par les puissances victorieuses et signé le 4 juin 1920, a détaché de la Hongrie des territoires lui appartenant sans interruption depuis la prise de possession du pays, c'est-à-dire depuis mille ans.

L'Occident civilisé, d'un trait de plume, a aboli non seulement l'unité nationale, historique, économique et physique, mais aussi l'unité géographique de la Hongrie. On a complètement négligé le principe si souvent proclamé du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Au nom de la force, des millions de Hongrois et d'autres nationalités amies des Hongrois furent exclus du droit de plébiscite promis par Wilson, et après les avoir tenus à l'écart des négociations de paix, sans les entendre et en leur absence, on prononça la sentence qu'ils étaient admis seulement à entendre.

D'après cette sentence, sur les 325.411 km2 de superficie et 20,886.487 âmes que la Hongrie comptait en 1910 (sans la Croatie et la Slavonie 282.870 km2 et 18,264.533 habitants), 62.366 km2 et 3,537.813 habitants revinrent à la Tchéco- lovaquie, 63.572 km2et 4,141.121 habitants à la Yougoslavie, 102.181 km2 et 5,236.305 habitants à la Roumanie. 4022 km2 et 292.041 habitants à l'Autriche, 583 km 2 et 24.880 habitants à la Pologne et 21 km2 et 49.806 habitants à l'Italie (Fiume).

Nos pertes en territoire s'élèvent donc à 232.745 km2 et en population à 13,281.966 âmes. (Sans la Croatie et la Slavonie, nos pertes sont de 190.204 km2 et de 10,660.012 têtes.) Notre territoire actuel mesure donc 92.666 km2 en superficie et notre population actuelle comprend 7,604.521 habitants.

Si nous exprimons ces chiffres en % nous voyons que 67,2% du territoire de l'ancienne Hongrie et 58,3% de sa population - la Croatie et la Slavonie comprises, 71,52% des territoires réunis et 63,56% des populations - ont passé sous la domination ennemie.

Quelles que soient la compréhension, la fidélité pour nos anciens compagnons d'armes et la part que nous prenons à leur infortune, nous pouvons, sans aucun parti-pris, constater que les décisions relatives aux territoires hongrois sont les plus effroyables et les plus désastreuses.

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