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Byzance et l'Occident VI.

Vestigia philologic

TABLE DES MATIÈRES, PRÉFACE


Table des matières


Andrea Ghidoni: Vestigia philologica - Préface

MYTHES ET RITES
Christine Ferlampin-Acher: Galafur entre Morgane et Alexandre : le désir dans Perceforest, entre Byzance et Occident
Andrea Ghidoni: L'initiation de Digenis Akritis : essai anthropo-littéraire
Linda Németh: Perdu dans le labyrinthe des songes littéraires médiévaux
László Horváth: Hypereides: Verteidigungsrede für Euxenippos gegen Polyeuktos wegen Landesverrats. Zur Frage der Datierung
Filippo Ronconi: Le dossier hagiographique des saints Cyr et Jean entre Orient et Occident. Quelques précisions à partir du Vat. gr. 1607
Elena Nonveiller: Du solstice d'été à la Saint-Jean : persistance de rites saisonniers païens dans le christianisme oriental et occidental

ANTHROPOLOGIES ET CULTURES
Nicolas Drocourt: Le cheval, animal diplomatique entre Byzance et l'Occident (IXe-XIIIe s.)
Romina Luzi: Le sentiment anti-latin dans quelques romans vernaculaires d'amour
Benoît Grévin: Conceptualiser le «Grec» et la «nation grecque» dans l'Italie du XIIIe siècle (1190-1290). L'apport de l'ars dictaminis (sources théoriques et pratiques)
Judit Csákó: La Descriptio Europae Orientalis et ses rapports avec la tradition historique hongroise. La Pannonie en tant que le patûrage des Romains (pascua Romanorum) dans les textes littéraires médiévaux
Géza Szász: La représentation de la société hongroise dans le corpus des Voyages
Paul-Victor Desarbres: Jacques de Vintimille Rhodien (ca. 1512-1583) : poète et traducteur Gallogrec ou «étrange»
Tivadar Palágyi: «Un rhapsode de salon» sans génie : retour aux enjeux du débat sur l'épopée byzantine au début du XXe siècle



Préface

Ce sixième volume de la série «Byzance et l'Occident», qui rapporte les interventions de la session Gallica-Graeca du colloque tenu au Collegium Eötvös-József à Budapest en 2019 (25-28 novembre) - quelques semaines avant la pandémie -, propose au lecteur un parcours jalonné de traces philologiques, de vestigia philologica.

La philologie que l'on entend poursuivre ici n'est cependant pas celle qui s'enracine dans les autopsies codicologiques, dans la recherche antiquaire ou dans les minuties ecdotiques: la philologie ne se situe pas seulement dans ces opérations, même si elles restent le fondement indispensable de la reconstruction des textes et de leurs lectures historiques; la philologie peut et doit au contraire s'étendre vers des horizons plus larges.

On pourrait considérer que la voie philologique sur laquelle le lecteur est invité à s'engager est celle ouverte par Giambattista Vico, et poursuivie par August Böckh ou Erich Auerbach: les textes qu'on édite, reconstruit et lit sont les morceaux d'une culture, des artefacts qui ont exprimé et modelé la manière dont les groupes humains du passé ont construit leur manière de concevoir le monde, de rendre intelligible leur expérience de la réalité. Vico lui-même oppose l'objet étudié par la philosophie, le verum, dont la valeur est universelle, «l'umane idee», au domaine des investigations philologiques, qui est plutôt constitué par le certum, «che in buon latino significa particolarizzato, o [...] individuato», soit un domaine qui coïncide avec la culture, «l'umane voci» au sens large des éléments qui façonnent l'être humain et définissent son historicité, et qui peut s'exprimer dans la langue, ou bien dans les costumes, les traditions artistiques, etc.

La philologie peut aspirer à un humanisme tendant vers l'anthropologie: l'étude des textes anciens permet de définir les voies historiques, les multiples manières particulières dont les hommes se construisent et leur contexte opérationnel, mais aussi les manières dont certains hommes bâtissent des formes d'humanité pour les appliquer aux autres. L'étude philologique des textes est l'amorce qui ouvre l'enquête sur les manières dont chaque groupe humain s'est historiquement façonné lui-même, a façonné les autres et le monde.

Sur la base de ces principes, les essais contenus dans le volume - presque toujours sur fond des diverses ramifications de la diffusion de la culture gréco-byzantine vers l'Occident, au Moyen Âge et au-delà - ont été divisés en deux sections: Mythes et rites et Anthropologies et cultures. Les deux regroupements entendent mettre en évidence deux approches différentes des textes littéraires ou des traditions culturelles étudiées: d'une part, la considération des outils au moyen desquels les hommes façonnent leur monde, c'est-à-dire les récits (mythes) et les actions réglées (rites) avec lesquels ils essayent d'apporter une stabilité à leur expérience individuelle, sociale, religieuse, de rendre intelligible le contexte dans lequel ils agissent; d'autre part, les tentatives de construire des formes d'humanité, de «faire de l'anthropologie», à la fois dans le passé, à travers les oeuvres littéraires ou scientifiques, et dans le présent, dans l'étude historiographique des cultures passées.

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Andrea Ghidoni
Universität Münster


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